Un poilu devenu maire de Cleppé

Fleury Galvin avait vingt ans en 1914. Il a été un des premiers poilus foréziens à partir au front. Sa petite-fille Catherine a reconstitué son histoire…

Fleury Galvin est né le 17 janvier 1894. Son père, Joseph, est marchand de draps.
Fleury entreprend des études à l’école de tissage de Mulhouse. Il en profite pour apprendre l’allemand. Cela lui sera salvateur ! Étudiant en pharmacie lorsque la guerre éclate, il est sursitaire. Il demande à casser son sursis. Fleury est affecté au 169e régiment d’infanterie de Montargis. Il combat dans la Woëvre (région de Lorraine) en 1915. Caporal, il participe à l’attaque générale du Mont-sans-nom-en-Champagne, le 30 avril 1917. Là, une balle lui effleure le front ce qui l’assomme. Il reprend ses esprits et un éclat de grenade le blesse au pied. Il poursuit les combats. Une nouvelle balle lui éclate le fémur droit. Il s’écroule dans l’impossibilité de se mouvoir.

Sa petite-fille raconte : « Un évènement extraordinaire va survenir et lui sauver la vie. Quelques temps avant son unité avait pactisé avec des soldats allemands. Mon grand-père portait des bottes en cuir fauve. Un détail qui n’échappa pas à un allemand avec lequel il avait échangé quelques mots grâce au vocabulaire appris à Mulhouse. Immobilisé dans un périmètre conquis par l’ennemi, mon grand-père ne dut son salut qu’à ce soldat allemand qui l’a reconnu grâce à ses bottes. Il l’aida à se rapprocher des lignes françaises. Rampant sous le feu des canons, il retrouva des soldats français. Évacué et opéré, Fleury aura comme séquelle une jambe raccourcie de 10 cm qu’il ne pourra plus plier. »

On propose de l’élever au grade de chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur. Il refuse. A ses yeux, « sa » croix de guerre décernée en 1918 est ô combien plus importante que le ruban rouge. Il fut aussi décoré de la Médaille militaire.

De retour à la vie civile, il reprend ses études à la faculté de pharmacie de Lyon. Il part en 1920, nommé professeur en parasitologie, à l’université d’Aurore à Shanghai et pour défendre la concession française. En 1936, il s’installe comme pharmacien à Saint-Fons dans le Rhône. Il sera élu maire de Cleppé avant et après la seconde guerre mondiale. Il est décédé en 1964, à l’âge de 70 ans.

La famille Galvin a été propriétaire du domaine de Virieux, route de Feurs à Cleppé

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