JEAN-ROLLIN CHAFFANJON de Cleppé à Kouiyang

Jean-Rollin CHAFFANJON est un enfant de notre Commune.

Dernier fils de onze enfants d’une famille de fermiers installée au lieu-dit « l’Ile », ce garçon doué pour l’école a suivi l’exemple d’un grand frère déjà prêtre. Il a d’abord fait ses études au petit séminaire de Saint Jodard où il a été remarqué comme excellent élève, intelligent, vif et appliqué. Après 2 ans à étudier la philosophie au diocèse de Lyon, il a poursuivi ses études au Séminaire de la rue du Bac à Paris, au sein des Missions Étrangères de Paris (MEP).

 

Les Missions Étrangères de Paris, fondées en 1665 se sont données pour mission d’évangéliser les pays non chrétiens, spécialement en Asie.

 

Le 20 septembre 1879, Jean-Rollin Chaffanjon est ordonné prêtre et le 20 octobre, il part pour le Kouy-Tcheou, province du Sud de la Chine. Il commence son apprentissage du chinois et apporte son aide aux religieux locaux dans leur quotidien. Les missions d’évangélisation forment des vicaires locaux, gèrent des écoles et des orphelinats. Rapidement notre clepperot est envoyé dans une nouvelle mission au Nord de la province, à Tongse.

 

Au cours du 19ème siècle les empereurs chinois, interdisent à leur peuple de recevoir des ordres sacrés et de propager la religion chrétienne. Des châtiments sévères sont réservés à ceux qui ne déclarent pas spontanément abandonner la religion chrétienne. Ces persécutions affectent particulièrement Jean-Rollin Chaffanjon qui part se réfugier dans une famille chrétienne dans une zone reculée. Se croyant seul rescapé de la mission, il finit par retrouver plusieurs membres de la congrégation avec qui il installe un camp dans une zone difficile d’accès en attendant que le calme revienne.

 

Après quelques mois de retraite dans des conditions difficiles, il rejoint Kouiyang où on lui confiera la direction du petit séminaire.

Ses talents d’enseignant, lui vaudront de redonner un élan à cet établissement où ne subsistait que quelques élèves à son arrivée. Passionné et passionnant, il éleva le niveau des élèves à la fois dans les matières traditionnelles comme le latin mais également en lettres chinoises et matières scientifiques. Grace à des ressources familiales il agrandit les locaux de l’établissement.

Passionné de botanique, il a su y intéresser ses élèves : recherche de coléoptères, chasse aux papillons, pour finir par la constitution d’une collection de fougères.

Toujours en contact avec sa famille et sa région natale il recevait chaque année une caisse en provenance de ses proches, qui, tel un trésor venait récompenser les efforts de chacun.

 

La Chine, au début du XXème siècle sortait de son isolement et Jean-Rollin Chaffanjon se vit confier la mission d’enseigner le français dans une dépendance de l’Évêché. Toutefois il se trouvait dans une zone trop reculée pour que le français trouve un débouché suffisant et l’école fut fermée au bout de quelques années.

 

Jean-Rollin Chaffanjon devint alors curé de la paroisse de Saint-Louis à Kouiyang, avec la charge de deux orphelinats à surveiller et cinq à six cents chrétiens à soigner.

 

Affaiblit par des maux d’estomac, la gestion des orphelinats lui devient trop difficile et il dut céder sa place. Il se retire alors dans la paroisse de Saint-Louis de Lantang. Il aide le curé en place et officie à ses côtés, poursuivant son œuvre d’évangélisation au quotidien, il explique le catéchisme, écoute les confessions. Sa passion pour la lecture et les fleurs lui ont permis de supporter la maladie.

 

Jean-Rollin Chaffanjon, clepperot d’origine, s’est éteint le 7 juillet 1926 à Kouiyang où il repose pour l’éternité.

 

 

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